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Généralités sur l'indemnisation
Q : Ma compagnie d'assurances me dit qu'elle va s'occuper de tout, et cela
gratuitement. N'est-ce pas mon intérêt ?
JPB : C'est en effet un argument régulièrement mis en avant
pas les assureurs, qui n'hésitent pas à faire miroiter au
client l'efficacité et la rapidité de leur intervention alors
que la plupart du temps, celle-ci ne garantit que les objectifs qui leur
ont été fixés par la loi, à savoir fournir rapidement
une offre d'indemnité.
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'intérêt du blessé
et celui de sa propre compagnie d'assurances sont clairement divergents.
C'est pourquoi vous avez tout intérêt à vous adjoindre
les services d'un professionnel du droit, l'avocat, dont c'est le métier
d'obtenir l'indemnisation dans la fourchette la plus haute possible dans
le cadre de la réparation du dommage corporel.
Q : L'intervention d'un avocat ne va-t-elle pas me coûter plus
cher que ce qu'il me rapportera ?
JPB : Au contraire ! Il est bien évident que l'avocat essaiera et
parviendra la plupart du temps, soit dans un cadre amiable, soit dans un
cadre judiciaire, à obtenir les sommes les plus adaptées,
c'est-à-dire les plus importantes possibles, eu égard aux
pratiques des Tribunaux et aux spécificités de chaque affaire.
En outre, les honoraires sont assis sur les sommes récupérées,
ce qui conduit immanquablement à souligner que votre intérêt
et celui de votre avocat sont strictement les mêmes en terme indemnitaire.
Q : Quand j'ai dit à mon assureur que je comptais prendre un
avocat pour me défendre et un médecin de recours pour m'assister
à l'expertise, il me l'a déconseillé. Que dois-je en
penser ?
JPB : C'est bien la preuve que leur intervention vous est utile ! Lorsque
l'assureur n'est plus le maître absolu du jeu et qu'il doit composer
en présence de professionnels, à égalité avec
eux, cela rend plus difficile l'application de sa vision manichéenne
des choses.
Q : On m'a dit que plus on était âgé, moins la somme
allouée était élevée. Qu'en est-il ?
JPB : Il est vrai par exemple que la valeur du point dl'I.P.P. (Incapacité
Permanente Partielle) ou déficit fonctionnel séquellaire,
est fonction de l'âge de la victime, mais pas seulement. D'autres
critères entrent en ligne de compte, notamment la situation familiale,
l'expérience, pour l'exemple en terme de préjudice professionnel
(un salarié de 30 ans d'expérience professionnelle obtiendra
une somme sur ce poste bien plus considérable qu'un débutant)...
Q : Combien touche-t-on en plus si on passe par le Tribunal par rapport
à une transaction amiable ?
JPB : Les sommes allouées par les Tribunaux sont difficlement évaluables
au départ ; elles peuvent être légèrement supérieures
à l'arrivée mais la procédure judiciaire est bien plus
longue que la procédure amiable.
Étant donné que "le temps c'est de l'argent" dans
ces matières-là, on s'interrogera sur la cohérence
du choix entre telle ou telle procédure, amiable ou judiciaire, dans
la conduite d'un dossier ; tout dépend donc de la nature du
dossier, de l'attitude de la compagnie d'assurances et des circonstances
de fait et de droit applicables.
Pour ma part, j'essaie toujours de transiger, à l'amiable donc, et
saisis le Tribunal en cas d'incertitude quant à la réelle
prise en compte de l'ensemble des postes de préjudice par la compagnie.
Q : Alors que son médecin-conseil a conclu à un mois d'I.T.T.,
l'assureur ne me propose aucune somme à ce titre dans sa proposition
d'indemnisation. Il m'a dit que c'était normal puisque je suis retraité.
Ne suis-je pas en train de me "faire avoir" ?
JPB : L'I.T.T. (Incapacité Temporaire Totale) a vocation à
réparer le préjudice lié à la perte de salaire
éventuelle durant la période d'arrêt. Il est donc vrai
qu'en tant que retraité vous ne pouvez y prétendre ; cependant,
souvent, il est possible d'obtenir une indemnisation forfaitaire, au cas
par cas, sur ce poste de préjudice. Dans les nouvelles missions amiables,
les postes de Gêne Temporaire Totale, Gêne Temporaire Partielle
et Gêne Temporaire Résiduelle s'appliquent à tout blessé,
actif ou inactif.
Q : Ma fille s'est occupée du ménage, des courses et de
la cuisine pendant les deux mois qui ont suivi l'accident, car j'étais
plâtrée. Aura-t-elle droit à une petite somme pour cette
aide qu'elle m'a apportée ?
JPB : Elle n'y aura pas droit puisqu'elle n'est pas directement victime
de l'accident objet de l'indemnisation ; en revanche, vous-même
pourrez obtenir une indemnisation de ce chef (que vous pourrez reverser
à votre fille si vous le souhaitez).
Q : Quel est le montant habituel octroyé pour un pretium doloris
à 2/7 et une I.P.P. de 2 % ?
JPB : Voilà le type de question à laquelle il est difficile
de répondre puisque, selon l'âge de la victime, sa situation
et encore d'autres critères, la valeur du point d'I.P.P. ou du pretium
doloris va varier sensiblement. Pour l'exemple, le point d'I.P.P. peut varier
de 500 à 2500 EUR...
Victimes d'accidents
Q : Je traversais la rue en dehors du passage piétons, et une
voiture m'a renversée. Ai-je droit à quelque chose ?
JPB : Absolument ! La loi dite Badinter du 5 juillet 1985 prévoit
que le piéton est considéré comme "super"
protégé.
Il en résulte que votre responsabilité sera écartée
la plupart du temps, sauf à démontrer qur vous avez volontairement
recherché le dommage (tentative de suicide) ou bien que vous avez
commis une faute dite "inexcusable", d'une telle gravité
qu'elle limite ou exclut votre droit à indemnisation.
Q : Il ressort du constat amiable, me dit ma compagnie d'assurances,
que j'ai 50 % de torts dans l'accident. Or mes blessures sont importantes.
La somme qui me sera allouée pour mon préjudice corporel sera-t-elle
réduite de moitié ?
JPB : Votre responsabilité partielle dans la survenance de votre
dommage limitera votre droit à indemnisation en ce sens que la somme
totale qui vous reviendra sera effectivement obérée de moitié.
La seule alternative intéressante alors est de refuser la proposition
de la compagnie et de saisir le Tribunal afin de faire trancher la question
des responsabilités, en espérant que ledit Tribunal apprécie
différemment votre imputabilité dans l'accident, ce qui est
très possible.
Q : J'ai fait la bêtise d'aller tout seul à l'expertise. Maintenant
ma société d'assurances me fait une proposition, me disant
que j'ai 15 jours pour l'accepter. Est-ce que je risque de tout perdre si
je dépasse ces 15 jours ? Et n'est-il pas trop tard pour voir
un avocat ?
JPB : A la première de vos questions, il convient de répondre
clairement que l'assistance d'un Médecin de recours lors de l'expertise
est nécessaire pour contrebalancer la toute puissance du Médecin
conseil de la compagnie d'assurances dans le cadre amiable.
En revanche, le délai de 15 jours n'est nullement impératif
vous concernant ; vous pouvez, au-delà, aller consulter un avocat
qui reprendra le dossier et tentera d'obtenir une somme
supérieure.
Enfin, si vous acceptez par écrit la proposition qui vous est faite
(sous forme de procés-verbal de transaction), vous ne disposez alors
effectivement que d'un délai de 15 jours pour dénoncer la
transaction et solliciter une autre proposition.
Q : Ma mutuelle d'assurances (dont je suis sociétaire depuis vingt
ans, étant enseignant) me propose un chèque de 300 EUR en
tout et pour tout, sans même m'avoir fait examiner. Ce procédé
est-il légal ?
JPB : Il faut refuser ce type d'offre basé sur la certitude (ou l'apparence
de certitude) qu'a la compagnie que votre dommage est extrêmement
bénin et qu'il ne nécessite donc pas d'avoir recours à
l'expertise, ce qui engendre pour elle des frais.
Il faut donc se faire verser un somme à titre provisionnel et demander
la désignation d'un expert, toujours. C'est sur la base de ce rapport
que vous pourrez obtenir une indemnisation correcte.
Q : Sur sa convocation, le médecin qui doit m'expertiser écrit
que je peux me faire assister par le médecin de mon choix. Le mieux
n'est-il pas que j'en parle à mon médecin traitant ?
JPB : Pourquoi pas ? Certains médecins généralistes
ont en effet passé le diplôme de Réparation Juridique
du Dommage Corporel et ont l'habitude d'assister leurs patients aux expertises.
Mais de tels médecins sont rares ; la plupart choisissent de ne pas
le faire, soit par manque de temps, soit parce qu'ils ne s'estiment pas
assez compétents pour "faire le poids" face à un
professionnel aguerri qu'est le médecin-conseil d'assurances.
C'est pourquoi les avocats ayant une grande pratique du Dommage Corporel
conseillent à leurs clients de se faire assister par un médecin
de recours, de préférence indépendant des compagnies
d'assurances, avec qui ils ont l'habitude de travailler.
Q : Les honoraires que me demande le médecin-recours pour m'assister
me semblent élevés. Cette assistance ne va-t-elle pas me coûter
plus cher que ce qu'elle va me rapporter ?
JPB : Que non ! Rien ne serait en effet plus dommageable que de se présenter
seul à l'expertise.
La plupart du temps, les honoraires versés au médecin recours
sont "récupérés" à l'issue de la transaction
ou du procès par la compagnie d'assurances.
De plus, ledit médecin vous fera sans nul doute obtenir des taux
de préjudice supérieurs à ceux que vous auriez obtenus
sans lui, ne serait-ce que par son expérience et le fait qu'il mette
l'accent sur tel ou tel point non relevé par le médecin de
la compagnie.
Victimes d'agressions
Q : Suite à mon agression, je suis immobilisée avec le
bras en écharpe pour un mois et demi. J'ai 76 ans et vis seule. Ai-je
droit à une aide pour faire mon ménage et les courses ?
JPB : Dans le cadre de l'indemnisation des victimes d'infractions pénales,
devant la CIVI (règlement effectué par le Fonds de Garantie
des victimes) votre avocat peut effectivement obtenir votre assistance par
une tierce personne, pour quelques heures ou pour l'ensemble de la journée
selon le handicap objectivé par l'expertise.
Q : Mon agresseur a pris la fuite et n'a pu être identifié.
Pourrai-je être indemnisée ?
JPB : Il est nécessaire de rassembler des preuves visant à
faire admettre le
principe de l'agression (témoignages, enregistrements...). La CIVI
est alors
compétente.
Q : Le jeune voyou qui m'a agressé est un multi-récidiviste,
bien entendu insolvable. Dois-je me retourner contre sa famille, ou y a-t-il
une autre possibilité d'indemnisation ?
JPB : Là encore, il convient de saisir la CIVI à partir du
moment où votre préjudice est causé par une infraction
pénale et que vous remplissez les conditions de la saisine de ladite
commission. |