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L'expertise de la victime
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L'assistance par un médecin-conseil de blessés
L'évaluation d'un dommage corporel nécessite un parcours complexe
pour la victime.
La charge de la preuve qui lui incombe est souvent difficile à
apporter.
Les sociétés
ou mutuelles d'assurances
qui doivent régler le dommage s'entourent de l'avis de spécialistes
très compétents. Or il ne peut y avoir de justice sans respect
du contradictoire. Ce principe, pilier du Droit, s'impose. La présence
d'un médecin·conseil, assistant technique à compétence
égale et totalement indépendant des organismes indemnisateurs
aux côtés des victimes
est donc un droit élémentaire évident, admis et reconnu
par tous.
Plusieurs associations regroupent de tels médecins-conseils de blessés,
appelés aussi "médecins de recours". L'une d'elles,
l'ANAMEVA (Association
Nationale des Médecins-conseils de Victimes d'Accidents), impose
à ses membres un engagement écrit à refuser toute mission
en défense des compagnies d'assurances ou autres indemnisateurs.
C'est un gage d'indépendance pour la victime
qui choisit de s'attacher les services d'un de leurs médecins.
Le rôle particulier du médecin·conseil de blessé
est tout d'abord de constituer un dossier structuré et complet
à visée médico-légale. Ce dossier doit prouver
les séquelles et leur imputabilité à l'accident générateur,
c'est à dire toutes les répercussions fonctionnelles ou
autres qui découlent du fait dommageable.
Le travail du médecin·conseil consiste ensuite à assister
la victime lors des opérations expertales : examen dans le cadre
de la loi du 5 juillet
1985, expertise contradictoire amiable avec le médecin·conseil
de la société
ou mutuelle d'assurances
adverse, expertise judiciaire, etc. Il doit discuter du dossier avec les
confrères, défendre tous les postes de préjudice et
s'efforcer de convaincre ses interlocuteurs du bien fondé de sa demande,
pour obtenir une juste évaluation de tous les postes de préjudice.
Enfin il doit rendre compte au blessé et, sur sa demande, à
son avocat, des résultats de ces opérations expertales en
les commentant et en les explicitant.
Déroulement de l'expertise médicale
Expertise judiciaire
Le médecin expert est chargé par une juridiction de répondre
de façon claire, nette et précise à des questions posées
par un magistrat, questions explicitées dans une mission.
Il mène l'expertise à sa manière, il la dirige dans
le respect des règles fixées par les articles du Nouveau
Code de Procédure Civile.
Le médecin conseil de blessé ne peut poser de questions directement
à la victime, mais il doit cependant
être le traducteur et l'interprète des doléances mal
exprimées par le blessé ou mal comprises par l'expert. Si
nécessaire, il demande à l'expert de bien vouloir poser telle
ou telle question dont la réponse permettrait de clarifier tel ou
tel point.
Si certains points restent équivoques, le médecin conseil
de blessé a la possibilité de transmettre à l'expert,
par l'intermédiaire de l'avocat, une note écrite, souvent
appelée "dire". L'expert a l'obligation de l'annexer à
son rapport et doit impérativement y répondre (article 276
du nouveau
code de procédure civile et article R 164 alinéa 3 du
code
des tribunaux administratifs).
Examen dans le cadre de la loi dite "Badinter" du 5 juillet 1985
Dans le cadre de la loi
du 5 juillet 1985, la victime est examinée par un médecin-conseil
de sociétés
ou mutuelles d'assurances
ou du Fonds de Garantie des
assurances obligatoires de dommages.
Il est important de noter que, suite à certaines conventions entre
assureurs (IRCA
par exemple), la victime peut être
convoquée par un médecin missionné par sa propre compagnie,
ce qui peut avoir un caractère équivoque à ses yeux.
Ce médecin vérifie soigneusement les documents présentés,
interroge et examine le blessé, s'assure de la réalité
de ses allégations, met en question le lien de causalité s'il
y a lieu, recherche un possible état antérieur caché,
s'attache à dépister une majoration éventuelle, et
élabore sa discussion médico-légale et ses conclusions
sans effectuer lui-même une recherche des pièces justificatives
qui ne seraient pas fournies par le blessé. En effet, puisque c'est
au demandeur d'apporter la preuve de son dommage, il n'a pas l'obligation
de faire lui-même de recherches complémentaires pour authentifier
un éventuel handicap allégué mais non démontré.
Telle est sa mission
et s'il ne l'effectuait pas ainsi, il ne remplirait pas le rôle bien
précis pour lequel il est missionné.
On comprend qu'il est du plus grand intérêt pour chaque victime
d'être assistée par un médecin-conseil
indépendant des organismes indemnisateurs. |
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